La dette française à l’épreuve du feu

Aujourd’hui, la France va lever pour 9,5 milliards d’euros d’obligations. Il s’agit de la première émission à moyen et à long terme de la France après la perte de son triple A le vendredi 13 janvier dernier.
La majorité des obligations auront des échéances de 2 à 4 ans, tandis que le reste, environ 1 milliard d’euros, auront une date d’échéance située en 2016 et 2040. Pour l’instant, les conséquences de la perte du triple A français ont été plus que limitées. On n’a pas assisté à une vente significative des obligations existantes. Aucun impact particulier n’a aussi été relevé sur les émissions mineures qui ont déjà eu lieu depuis. Au niveau du CAC 40, rien à signaler également, ce qui tend à donner raison à ceux qui affirmaient que le marché avait déjà intégré la perte du triple A de la France.
Hier, les obligations à 10 ans de la France généraient 3,01 % d’intérêts, alors que le 5 décembre dernier, l’Hexagone devait payer 3,13 %. On observe aussi cette détente du côté de l’Espagne, qui est parvenue à émettre de la dette à un an à taux d’intérêt inférieur de 2 fois par rapport au mois dernier.
L’émission d’aujourd’hui va permettre de jauger la confiance des marchés envers la France, et représente de ce faite un véritable test.

La descente aux enfers du marché automobile européen n’en finit pas

L’année 2012 a été catastrophique pour le marché de l’automobile en Europe. Apparemment, la tendance n’est pas prête de se redresser avec de nouveaux chiffres déprimants pour le mois de janvier 2013. Ford et PSA Peugeot Citroën sont les premières victimes du manque d’engouement des acheteurs européens, alors que la contraction économique s’est étendue du sud de l’Europe à des pays comme l’Allemagne et la France.

L’année dernière, les immatriculations ont chuté de 8,7 %, d’après l’association européenne des constructeurs automobiles. 2012 fut la pire année depuis que l’association compile les données les immatriculations européennes, soit depuis 1990.

En Europe, les constructeurs automobiles ne savent plus à quel saint se vouer. Le CEO de Fiat a estimé les pertes du secteur sur le Vieux continent à 5 milliards d’euros en 2012.

Le mois dernier, Ford a vu ses ventes chuter de 26 %. PSA a déjà engagé des actions pour stopper l’hémorragie en planifiant la fermeture de 5 usines et la suppression de 30.000 emplois. En janvier, PSA a vu ses ventes diminuer de 8,6 % en Allemagne, et de 15 % sur son marché local.

Ernst & Young explique ces conditions par un chômage des jeunes qui atteint 50 % dans certains pays de l’Union. Qui peut se permettre d’acheter une voiture neuve dans ces conditions ? Le marché européen de la voiture serait en train de se modifier de façon structurelle.

La descente aux enfers des banques italiennes continue

Unicredit et Intesa font partie des 13 banques italiennes qui ont vu la note de leur dette à long terme, et de leurs dépôts être abaissées par Moody’s, qui a notamment justifié sa décision par le membre de crédibilité du gouvernement italien.

Unicredit et Intesa, qui sont respectivement les numéros 1 et numéro 2 du secteur bancaire en Italie, ont vu la note de leur dette à long terme et de leur dépôt être abaissé de 2 crans à Baa2. C’est la 2e fois en 2 mois que Moody’s abaisse la note de ces sociétés. La perspective reste négative dans les 2 cas, tout comme elle l’est pour le gouvernement, a précisé Moody’s.

L’agence de notation a abaissé la note des obligations du pays la semaine dernière, de A3 à Baa2, en précisant qu’une nouvelle dégradation était possible, en raison de la faible croissance italienne et du taux de chômage élevé. L’Italie n’est plus qu’à 2 crans de ce qui serait considéré comme un investissement à risque. Moody’s :

« Malgré les activités internationales substantielles d’UniCredit, son exposition importante à son marché interne signifie que sa notation entre fortement en corrélation avec la notation des obligations souveraines du pays. Pour Intesa, l’activité est quasi exclusivement locale, donc sa notation sera toujours fortement liée à celle des obligations souveraines du pays. »

La dégradation de la note souveraine de la France par S&P a donné les effets inverses

Alors que cela fait maintenant 8 mois que Standard & Poor’s a dégradé la note de la France, lui faisant ainsi perdre son triple A, la réaction des marchés a été totalement à l’inverse de la décision prise par l’agence de notation, alors que les investisseurs font de plus en plus confiance aux obligations françaises.

Depuis la dégradation de la note A+ le 13 janvier dernier, on a assisté à un rallye de 7,4 % en moyenne sur les obligations françaises, soit un gain 2 fois supérieur par rapport aux obligations de pays AAA, comme l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Australie, d’après les index Bank of America Merril Lynch. Au lieu de grimper, les taux des obligations françaises à 10 ans ont chuté.

La performance des obligations françaises a prouvé que les analyses des agences de notation ne sont plus suivies par les investisseurs. La perte du triple A américain a également produit des effets inverses sur son marché obligataire.

Tous ces faits prouvent que les agents de notation ont de moins en moins de crédibilité. D’ailleurs, les pays européens pensent à créer leur propre agence de notation.

La crise pousse la droite au pouvoir en Espagne

Mariano Rajoy a remporté la majorité parlementaire en Espagne, la plus écrasante depuis 30 ans. Il a annoncé à ses électeurs qu’ils devaient se préparer à vivre des temps difficiles, alors que la nation se bat contre la crise de la dette et un système bancaire au bord de la faillite à cause de la bulle immobilière dont leurs bilans sont chargés.

Le Parti Populaire de Rajoy a balayé les socialistes, à la barre du pays depuis 8 ans, en remportant 186 des 350 sièges du parlement, alors que le successeur de Zapatero, Alfredo Perez Rubalcaba, n’en a obtenu que 110. Soit le pire résultat obtenu par la gauche en plus de 3 décennies.

Zapatero, qui s’était mis à dos les plus fidèles des socialistes lorsqu’il a diminué les salaires et changé les lois qui régissent le travail en faveur des employeurs, avait été remplacé par Rubalcaba. Sa promesse de taxer les banques et les riches n’a pas suffi pour éviter la saignée.

Rajoy, dont l’objectif est de ne pas devoir demander un renflouement à l’Europe, tient à assainir les finances publiques et récupérer la note AAA de l’Espagne, sans dévoiler son plan de bataille. Il devra composer avec une situation économique moribonde et un taux de chômage de 23 %.

La crise européenne au menu du G7

Les Ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des 7 pays les plus puissants du monde vont discuter de l’aggravation de la crise européenne, alors que les risques sur l’économie mondiale sont de plus en plus sérieux.

Les pays en dehors de la zone euro, comme le Japon, sont de plus en plus inquiets à propos des développements européens. Le Ministre des Finances canadien a déclaré hier qu’il discuterait avec ses collègues la situation en Europe, sans donner plus de précisions sur la teneur des conversations.

Les dossiers les plus urgents en ce moment : le risque de la sortie de la zone euro de la Grèce (Bloomberg a déjà ajouté à ses terminaux un indicateur pour la drachme, pour être prêt en cas de besoin), ainsi que la position catastrophique des banques espagnoles, qui sont au bord du précipice. Dans ces pays, on assiste déjà à un bank run, qui pourrait se propager à d’autres pays, les Espagnols pouvant se ruer sur les DAB français en cas de souci de retrait dans leur pays.

Que pourrait ressortir de ce sommet ? Une mise sous pression de l’Allemagne peut-être, qui est la seule à détenir la clé d’une solution, soit d’autoriser la banque centrale européenne à recapitaliser les banques. Le cas échéant, on assisterait tôt ou tard à la désintégration de la zone euro.

 

La crédibilité des agences de notation en déclin : le cas nordique

Alors que Moody’s vient de procéder à l’abaissement de la note de nombreuses grandes banques scandinaves, les marchés ont réagi en faisant grimper le cours de ces actions.

Alors que l’on devrait s’attende au contraire, cela prouve que les marchés prennent de moins en moins en compte l’avis des grandes agences de notation, ils préfèrent se reposer sur leur propre analyse de la situation pour prendre leurs décisions d’investissement.

Tandis que l’Europe tente de diminuer le poids des agences de notation, les investisseurs prennent déjà leurs propres mesures en ignorant les décisions prises par Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch. Le Danemark, qui occupe actuellement la présidence tournante de l’Union, a déclaré avoir reçu l’aval des 27 pays membres pour encadrer l’influence des agences de notation. Les banques danoises ont critiqué Moody’s, tandis que le SwedBank AB, l’un des 4 plus grands prêteurs de Suède, a déclaré que les analyses des agences de notation « concernent le passé ».

En tout cas, ces banques s’en sont très bien sorties : les actions ont augmenté de 1,4 à 1,6 %, tandis que le taux d’intérêt de leurs obligations ont diminué. Jamais autant de voix ne se sont élevées, aussi bien dans le public que dans le privé, pour critiquer cette décision.

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  • dégradation notes banques danoises moodys

La Cour des comptes épingle le fisc

Dans un rapport rendu public hier, la Cour des comptes fait le point sur les relations de l’administration fiscale avec les particuliers et les entreprises. Elle reconnaît que les actions d’aménagement entreprises depuis 1999 ont entraîné « des progrès à plusieurs égards remarquables dans les relations avec les contribuables », qu’il s’agisse par exemple du développement des téléprocédures pour la déclaration ou le paiement ou des mesures prises pour assurer une plus grande sécurité aux contribuables (procédure du rescrit fiscal notamment). Elle se montre en revanche très critique sur divers points, comme l’instabilité de la loi fiscale et sa complexité grandissante, le vocabulaire employé par l’administration souvent peu accessible qui ne facilite par la compréhension des règles et des obligations, l’accueil téléphonique qui, des différents modes de contact, est le plus critiqué tant par les usagers que par l’administration à tous niveaux, ou encore les procédures de recours disponibles qui « manquent de transparence ». Une trentaine de recommandations viennent ponctuer l’enquête de la Cour des comptes.

La confiance des ménages français est au plus bas

À la surprise générale, la confiance des ménages français a chuté en mai pour atteindre le plus bas de juillet 2008, alors que les nombreuses taxes instaurées par le gouvernement socialiste de François Hollande diminuent le pouvoir d’achat des Français et que l’économie de l’Hexagone est entrée en récession.

La confiance des ménages est tombée à 79  en mai, après avoir été révisée à 83 en avril, d’après un e-mail communiquée par l’institut de statistiques INSEE. D’après les experts économiques interrogés par Bloomberg, les analystes s’attendaient à un chiffre de 85.

Le premier trimestre 2013, la France est officiellement en récession. Depuis le début de l’année 2002, la consommation des ménages est en berne, alors que le chômage progresse de mois en mois. D’après l’INSEE, cette baisse de confiance est due à la situation financière des ménages, qui continue de se détériorer, ainsi que des craintes concernant le futur.

Voilà qui ne va pas arranger la situation de François Hollande, dont la popularité est également au plus bas.

 

La cour constitutionnelle allemande ratifie le MES à certaines conditions

La plus haute cour allemande a rendu son jugement concernant la validité du mécanisme européen de stabilité. Au plus grand soulagement de tous, celle-ci a jugé que le MES n’est pas contraire à la constitution allemande, ce qui va permettre à l’État allemand de le ratifier, même si certaines conditions ont été posées.

La cour a donc rejeté la plainte déposée par une partie de l’opposition, qui souhaitait bloquer la ratification du MES. La cour a décidé que la contribution allemande ne pouvait dépasser les 190 milliards d’euros, à moins qu’un vote parlementaire décide d’accorder une rallonge. La cour a également stipulé que le Bundestag a le pouvoir de revenir sur des décisions prises précédemment sur ce genre de dossier.

Cette nouvelle a été bien accueillie par les marchés, car elle constituait la menace principale qui pouvait mettre en danger le mécanisme européen de stabilité. Dès l’annonce de la nouvelle, les bourses européennes et l’euro sont partis à la hausse.

Ce n’est pas la première fois que la cour, basée à Karlsruhe, doit se prononcer sur des dossiers concernant l’Europe et l’Allemagne. Elle a déjà rendu des jugements concernant le sauvetage de la graisse et le fonds européen de stabilité financière.